Revue de presse

Revue de presse


Décembre 2019

Ce que propose le Sénat pour enrayer la violence quotidienne contre les pompiers La Haute Assemblée étudiera ce mercredi un plan élaboré par trois sénateurs pour lutter contre les agressions

La Haute Assemblée étudiera ce mercredi un plan élaboré par trois sénateurs pour lutter contre les agressions.

« Quoi de plus insoutenable que de voir agressées des personnes qui , par profession ou à titre bénévole , ont dédié leur vie à préserver celle des autres? » Cette interrogation sera au cœur de la présentation, ce mercredi , devant la commission des lois du Sénat , présidéepar Philippe Bas , d ' un rapport contenant 18 propositions pour endiguer la violence contre les pompiers ( ils sont 248 000 en France) . Le constat dressé par les sénateurs Loïc Hervé ( centriste , Haute-Savoie) , Patrick Kanner ( socialiste , Nord) et Catherine Troendlé ( Les Républicains , HautRhin) est accablant . L ' Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) , dont la mission sénatoriale dénonce la prochaine « disparition» , avait pointé une hausse des agressions contre les pompiers de 213 en dix ans ( de 899 à 2813 victimes entre2008 et 2017) . Les chiffres transmis par la Sécurité civile « relatifs aux cinq premiers mois de l ' année 2019 , confirment cette augmentation tendancielle puisqu' ils sont supérieurs de 50 %% à ceux relevés sur la même période au cours de l ' année 2018» , révèle le Sénat. La nature même des actes a changé . La mission déplore des « violences de plus en plus brutales» , de « véritables guet-apens» . Elle n' hésite pas non plus à le dire : « La Sécurité civile est au fil des années devenue le palliatif universel au recul des différents services publics . » Peu à peu , les pompiers sont ainsi détournés de leurs missions traditionnelles ( incendies , feux de forêts) , au profit du secours d ' urgence . Ce que Grégory Allione , président de la Fédération nationale de sapeurs-pompiers de France , étaye avec ses chiffres : «En 1998 , nous avons effectué3 ,5 millions d ' interventions , dont 50 %% au titre du secours d ' urgence aux personnes . En 2018 , nous avons atteint 4 ,6 millions d ' interventions et ce taux est passé à 84 Conclusion sans appel : « La mutation de la mission des sapeurs-pompiers induit une sursol licitation de leurs moyens mais est également le principal vecteur de l ' insécurité dont ils sont victimes » , estiment les trois sénateurs . Voici ce qu' ils proposent : Mieux appréhender les cas psychiatriques Les pompiers sont de plus en plus souvent confrontés à des fous. « Le secours d ' urgence aux personnes les conduit à aller au contact de personnes en état de détresse psychologique ou souffrant de pathologies psychiatriques , souvent dangereuses pour les autres et pour elles-mêmes. Or , les sapeurs-pompiers ne disposent d ' aucun fichier leur permettant d' identifier ces personnes en amont d ' une intervention afin de prendre toute précaution utile», alerte la mission . Selon ses rapporteurs , « ce facteur de risque est amplifié par le recul de la prise en charge des malades atteints de pathologies psychiatriques qui ne sont pas traités ou refusent de se voir administrer leur traitement» . Et de citer le cas du sapeur-pompier Geoffroy Henry , poignardé le 4 septembre 2018 par un homme atteint de schizophrénie à qui il était venu porter secours . Ils préconisent donc une meilleure information des intervenants , « sans porter atteinte au secret médical » , assurent-ils . Ils réclament aussi une meilleure coordination avec les forces de l ' ordre , qui n' accompagneraient pas toujours comme il faut les pompiers . Les préfets sont invités à mieux veiller au respect des « protocoles» d ' intervention. Dédier un membre de l ' équipe à la sécurisation Pour les trois sénateurs , il faudrait « un nombre minimum de pompiers embarqués dans un véhicule de secours à victime (VSAV) . Cette configuration permet notamment de dédier un sapeur-pompier à la gestion de l ' environnement et des menaces» . l ' échelle de chaque service départemental d ' incendie et de secours (SDIS) , « un référent sécurité» devrait , selon eux , être institué pour centraliser les informations liées aux difficultés rencontrées. Financer un matériel de protection plus adapté Les rapporteurs militent pour « une adaptation des équipements au nouveau contexte d ' intervention» . En clair : des pare-brise et des vitres qui résistent aux « caillassages» sur les véhicules , mais aussi des gilets qui protègent des attaques au couteau . Selon eux , l ' État devait abonder un fonds de soutien aux investissements structurants des unités dans les départements , mais en quatre ans , il se serait soustrait à 60 millions d ' euros attendus dans les SDIS . « Je vous laisse compter combien de pare-brise feuilletés , de caméras piétons et de gilets pare-lames on achète avec 60 millions d ' euros ! » , déclare Catherine Troendlé , qui a déjà interpellé Christophe Castaner sur le sujet .En vain. Un numéro unique pour se recentrer sur les missions prioritaires Le président Macron s' était personnellement prononcé en 2017 pour la mise en place de plateformes uniques de réception des appels d' urgence . Deux ans plus tard , le constat est amer : quoi bon regrouper des services au sein d ' une même structure afin d ' assurer la coordination de leurs actions , si aucune règle claire ne permet d ' identifier qui doit agir? » , interrogent les rapporteurs . C' est toute la difficulté de savoir qui du 15 (SAMU) ou du 18 (pompiers) doit se déplacer .Pour l ' heure , les pompiers s' estiment appelés trop souvent pour des interventions qui ne relèvent pas , selon eux , de leurs missions prioritaires . Pour le sénateur Hervé , « cette coordination passe par la création de centres d ' appels communs aux SAMU et aux SDIS . Ces centres sont aujourd'hui trop peu nombreux» . la saisine de la justice Pour le sénateur Kanner , trop de sapeurs-pompiers victimes d' agression hésitent à porter plainte « par peur de représailles» . Ils sont plus d ' un tiers à renoncer à donner des suites à leur agression , dit l 'élu . Patrick Kanner avait déposé une proposition de loi tendant à favoriser l ' anonymisation du dépôt de plainte. Examinée en mars 2019 , elle a dû être réécrite afin de faciliter l ' anonymat , non plus des sapeurs-pompiers eux-mêmes , mais des témoins d ' agressions de sapeurs-pompiers. Enrayer la crise des vocations « ' augmentation du nombre ou de la gravité des violences semble avoir un impact évident sur la vocation de sapeurs-pompiers puisqu'elle fait parfois reculer ceux ou celles souhaitant devenir sapeurs-pompiers volontaires ou professionnels» , estiment les rapporteurs. Un pompier constate les dégâts après le caillassage d’un véhicule de sa brigade lors d ' une intervention dans le quartier du Mirai' , à Toulouse. Les volontaires représentent , pour l ' heure , 79 %% des effectifs . Pour la sénatrice Troendlé , sensibiliser l ' opinion contre ces violences , comme l ' a prévu le gouvernement , est nécessaire , mais « en adoptant le ton juste , sans décourager les vocations» . Une gageure . L' augmentation du nombre ou de la gravité des violences semble avoir un impact évident sur la vocation de sapeurs pompiers puisqu' elle fait parfois reculer ceux ou celles souhaitant devenir sapeurs pompiers volontaires ou professionnels - Les Rapporteurs

Article publié dans le journal Le Figaro le 11 décembre 2019.


Décembre 2019

Violences contre les pompiers: un rapport sénatorial propose 18 mesures au gouvernement

Plus de sensibilisation du public, de protection et de coordination avec la police et la santé: un rapport sénatorial publié mercredi a appelé le gouvernement à se mobiliser pour enrayer la hausse continue des agressions contre les sapeurs-pompiers.

Adopté dans la matinée par la commission des lois du Sénat, le rapport de la mission d'information "sécurité des sapeurs-pompiers" élaboré après six mois de consultations préconise 18 mesures "concrètes et opérationnelles" pour "que cessent" ces violences "inacceptables". Si elles restent limitées (environ six par jour sur 10.000 interventions), leur nombre a triplé depuis dix ans, selon le ministère de l'Intérieur. Et augmenté de 50% sur les cinq premiers mois de 2019 par rapport à la même période de 2018, note ce rapport porté par Philippe Bas (LR, Manche), Patrick Kanner (PS, Nord), Catherine Troendlé (LR, Haut-Rhin) et Loïc Hervé (Haute-Savoie, UC). "Les pouvoirs publics ne peuvent rester sans réaction face à cette évolution", a déclaré à la presse M. Bas en présentant le rapport. Outre une campagne de sensibilisation grand public contre ces violences, le rapport réclame des moyens pour renforcer la sécurité des pompiers (formation, équipement, "référents sécurité" dans les casernes).

Côté financier, les marges de manoeuvre existent, souligne-t-il, à l'heure où l'État et les collectivités locales se renvoient la balle sur le financement des centres départementaux d'incendie et de secours (SDIS), au grand dam des pompiers qui dénoncent des moyens insuffisants face à la hausse des sollicitations (4,6 millions d'interventions en 2018, contre 3,5 millions en 1998). Il suffit pour cela à l'État de réaffecter, comme cela avait été prévu mais non tenu, toutes les économies (30 millions d'euros par an) dégagées depuis 2016 par la réforme de la prestation de fidélisation et de reconnaissance versée aux pompiers, note-t-il.

Le rapport appelle également le gouvernement à réunir les ministère de la Santé et de l'Intérieur pour clarifier la répartition des missions de secours entre pompiers et services de santé. Et décharger les premiers des missions non urgentes de remplacement d'ambulances ou de médecins, qui les mobilisent de plus en plus, pour qu'ils puissent se concentrer sur le secours d'urgence. Il promeut pour cela la mise en place de plateformes d'appel d'urgence communes avec le Samu et la police/gendarmerie, pour éviter notamment le scénario dramatique de septembre 2018 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Un pompier avait alors été tué par l'homme qu'il était venu secourir, un déséquilibré connu des services médicaux pour ses antécédents psychiatriques. Si cet appel avait été reçu sur une plateforme commune, les pompiers auraient pu en être avertis, venir avec des policiers et le drame aurait pu être évité, ont depuis souligné nombre de responsables pompiers.

Le rapport réclame également un renforcement de l'assistance psychologique et juridique des pompiers victimes d'agressions. "Nous allons étudier ces propositions avec beaucoup d'intérêt, a déclaré dans l'après-midi le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, interrogé au Sénat par M. Hervé. "Ce sujet est très sérieux (et) mérite beaucoup d'action, et le gouvernement est tout engagé dans cette action", a-t-il ajouté.

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), qui chapeaute les quelque 247.000 pompiers du pays, a exprimé dans un communiqué sa "vive satisfaction" à la lecture de ce rapport "en ligne" avec ses "principales préconisations". A commencer par la création, "essentielle" selon elle, d'un numéro d'appel de secours unique, le 112, autour de plateformes départementales d'appel communes regroupant police/gendarmerie, pompiers et samu.


Publié par l'AFP le 11 décembre 2019


Décembre 2019

Association Hypophosphatasie Europe : 15 ans de croisade contre la maladie

L’association Hypophosphatasie Europe fête ses 15 ans ce samedi 7 décembre au Triangle de Huningue. Son président, Steve Ursprung, dresse un bilan plus que positif des actions déjà menées par son équipe pour stimuler la recherche, mieux prendre en charge les patients et aboutir, en 2018, à une première thérapie.

Pour financer la recherche, l’association Hypophosphatasie Europe et ses bénévoles organisent, depuis quinze ans, de nombreuses collectes et manifestations, comme ici ce marché aux puces, en 2007. DR
L’association Hypophosphatasie Europe est née en 2004 à Huningue sous l’impulsion de Steve Ursprung. La trentaine à l’époque, il est lui-même touché par l’hypophosphatasie, cette pathologie génétique rare, difficile à diagnostiquer, qui se traduit notamment par une extrême fragilité osseuse. De nature combative et opiniâtre, il décide d’entrer en guerre contre la maladie pour lui, mais aussi et surtout, pour tous les autres patients trop souvent isolés.

Qu’est-ce qui vous a poussé, il y a quinze ans, à créer l’association Hypophosphatasie Europe ? Tout est parti d’un déclic alors que j’avais trente ans. Je lisais un article dans lequel une dame âgée d’une soixantaine d’années, atteinte de la même maladie que moi, racontait son quotidien. Elle était cassée de partout. Je me suis dit que je voulais en aucun cas finir mes jours dans le même état qu’elle. Quelques années plus tard, l’association a vu le jour. C’est à partir de là que j’ai commencé à mettre le pied en travers des portes.

Dans quel contexte l’association s’est-elle positionnée ? En 2004, il n’existait aucune association dédiée à l’hypophosphatasie à travers le monde. Dans les grands colloques médicaux, cette maladie rare n’était évoquée que de manière anecdotique. Avec les membres de l’association, une cinquantaine aujourd’hui, nous avons eu envie de faire bouger la situation au niveau de la recherche et de la prise en charge des malades. Nous nous sommes rapprochés du professeur Etienne Mornet, un généticien de référence sur le plan mondial qui établit le diagnostic génétique de l’hypophosphatasie. Avec lui, nous avons créé un conseil scientifique international. D’autres experts nous ont accompagnés. Il nous fallait stimuler la recherche et sensibiliser les médecins pour qu’ils soient plus nombreux à s’intéresser à cette maladie génétique rare qui touche entre 80 et 100 personnes en France.

Mais comment se traduit cette maladie ? Pour faire simple, on peut dire qu’il s’agit d’une pathologie liée à une enzyme, la phosphatase alcaline, qui permet normalement la fixation du calcium. Le problème étant que, chez les malades, cette enzyme dysfonctionne. Ce qui provoque des répercussions directes sur les os et les dents. La perte des dents de lait dès le plus jeune âge de l’enfant est un des premiers signes de la maladie. La fragilité osseuse s’installe avec son lot de fractures à répétition, de douleurs chroniques… Il faut savoir que dans la forme la plus grave de la maladie un bébé peut naître sans squelette.

Comment se sont traduites vos actions sur le terrain ? Quels temps forts retenez-vous de ces quinze ans d’activités ? En 2007 et en 2012, nous avons organisé deux colloques mondiaux. Ces moments forts ont été de véritables accélérateurs pour la recherche de thérapie. 90 scientifiques et médecins ont répondu à notre invitation. Ils ne s’étaient pas réunis de la sorte depuis des dizaines d’années. Ils sont venus du monde entier pour échanger, durant trois jours, et croiser les spécialités sur le terrain de l’hypophosphatasie. Pour la première fois, ils ont côtoyé des malades et des bénévoles impliqués dans nos actions associatives. Ces deux événements ont constitué nos plus gros travaux en termes de regroupement de scientifiques et de spécialistes. Nous les avons mis à table ensemble afin de créer une dynamique. Nous étions de plain-pied dans l’action, tournés vers le développement et la recherche fondamentale avec, en ligne de mire, la perspective de mettre en œuvre une thérapie.

Quelles suites ont été données à ces deux rassemblements ? Par la suite, des équipes d’éminents spécialistes se sont re trouvées. Ils ont fait naître d’autres projets de recherches. En parallèle, à partir de 2006, deux enseignants-chercheurs canadiens ont travaillé sur le développement d’une thérapie par remplacement enzymatique. J’ai suivi sa présentation, dans un premier temps sur la souris ; puis, en 2007, des essais cliniques ont été rendus possibles sur les humains. En 2012, les résultats obtenus sur des enfants ont été présentés en première mondiale. Et un médicament a été commercialisé en France dès 2018. Aujourd’hui ce médicament est réservé à la forme sévère de la maladie pour des enfants qui ont eu des problèmes avant l’âge de 18 ans. Il s’agit d’une toute jeune thérapie pour laquelle nous n’avons pas encore beaucoup de recul.

D’autres chercheurs ont-ils ouvert de nouvelles pistes ? Oui, depuis 2007, des chercheurs japonais travaillent sur une thérapie génétique. Il s’agit d’ailleurs d’un nouveau challenge que notre association a décidé d’accompagner financièrement : nous avons débloqué une enveloppe de 30 000 € pour les soutenir. Pour l’instant, ils en sont au stade des essais sur la souris qui ne sont d’ailleurs pas probants puisqu’ils constatent que le corps des rongeurs, dans son ensemble, se solidifie. Ils travaillent maintenant par voie intramusculaire et non sanguine.

Est-ce que cela signifie que, 15 ans après sa création, votre association se lance dans un nouveau combat ? Comment s’annonce l’avenir ? Notre bilan est plus que positif. Nous n’allons pas nous arrêter à mi-parcours. Car je suis persuadé que cette deuxième piste génétique est la piste du futur. Après notre grande victoire à l’arrivée d’une première thérapie, aujourd’hui commercialisée, une nouvelle équipe va se mettre en place dans l’association. De mon côté, j’ai choisi de quitter mon poste de président. Mais pas question de tourner la page pour autant car Hypophosphatasie Europe continuera dans la même dynamique.

Avez-vous prévu de prendre du recul par rapport à l’association ? Pendant quinze ans, porteur d’un projet ambitieux, j’ai pu ressentir au fil du temps, une fatigue légitime. Pour autant, je ne compte pas m’éloigner de l’association. Je passe la main à Nadège Rallu-Planchais, jeune maman d’un enfant de cinq ans atteint de la maladie , qui prend maintenant la présidence de l’association. Je suis, depuis toujours, un fervent partisan du changement de direction : une nouvelle personne, de nouvelles idées, une nouvelle approche… L’association, dont le siège et l’activité resteront à Huningue, poursuit sa route dans ce contexte mais je resterai proche. Depuis 2010, je siège à l’agence européenne du médicament. Et dernièrement, j’ai été nommé vice-président du conseil scientifique international en tant que malade expert. Je vais m’impliquer dans la partie recherche médicale et, notamment, dans le développement d’un projet d’éducation thérapeutique pour que le malade devienne acteur. Et bien sûr, je serai toujours le trait d’union entre les membres de l’association et les spécialistes avec lesquels j’ai noué de vrais liens d’amitié.

Plus d’infos sur : www.hypophosphatasie.com

Des militants dans l’âme

« La France est leader en matière de maladies rares depuis des années », témoigne Steve Ursprung. Pourtant, à la fin du mois de novembre tout aurait pu se dégrader. Il explique : « Un amendement (N°11-40) du sénateur Alain Joyandet , en passe d’être voté, risquait de mettre à mal le précieux centre de référence des maladies rares. Car les enveloppes budgétaires dédiées à cette structure sur laquelle nous avons beaucoup travaillé auraient pu être détournées au profit des hôpitaux. » Des menaces pesaient sur différents postes administratifs, de recherche et d’accompagnement. Une nouvelle fois, Steve Ursprung est monté au créneau, « on a fait pression pour tout détricoter », avant d’alerter les sénateurs alsaciens sur le risque lié à cet amendement. Le 29 novembre, le soutien de la sénatrice haut-rhinoise Catherine Troendlé a payé : « Youpi ! La vice-présidente du Sénat est intervenue afin que cet amendement soit retiré avant la séance. » C’était encore une fois gagné, tant il paraissait impossible pour Steve Urspung de supprimer des budgets. « Il faut savoir que les travaux menés sur les maladies rares font aussi progresser la médecine générale ». Le cas, notamment, pour tout ce qui concerne les mécanismes antidouleur…

Hypophosphatasie : des chiffres clés

1948 : C’est la date de la première publication connue et description de l’hypophosphatasie, maladie rare du métabolisme osseux, p ar le pédiatre canadien John Campbell Rathbun. Si la maladie n’a pas fait couler beaucoup d’encre jusque dans les années 2000 (entre 10 et 25 publications par an), grâce à l’association Hypophosphatasie Europe, chercheurs et scientifiques du monde entier, et toutes spécialités confondues, s’y sont de plus en plus intéressés (jusqu’à 60 publications ces dernières années).

218 000 € : C’est le montant des recettes propres de fonctionnement de l’association huninguoise en 15 ans. 51 % de ces recettes proviennent des manifestations organisées par les bénévoles et 49 % émanent de dons et cotisations.

205 000 € : C’est, en 15 ans, le total des aides diverses dont a bénéficié l’association. Le mécénat concentre 71 % de ces aides ; pour 29 % de subventions des collectivités et autres organismes.

291 000 € : Soit le montant total versé par l’association pour la recherche durant 15 ans (61 % pour les deux colloques mondiaux et 39 % pour d’autres projets).


Décembre 2019

En hommage aux libérateurs

Le 1er décembre 1944, les soldats du 2e bataillon du 142e RI de la 36e division de la 7e armée US entraient dans Thannenkirch, libérant le village après plusieurs années de guerre. Dimanche, à l’occasion du 75e anniversaire de cet évènement, un hommage particulier a été rendu aux libérateurs américains.

Après la messe du souvenir, Dominique Carette, maire de Thannenkirch, entouré de nombreuses personnalités parmi lesquelles la sénatrice Catherine Troendle et le député Jacques Cattin, venus spécialement pour l’occasion, a salué la mémoire de tous les combattants en déposant une gerbe au monument aux morts du village.

Les villageois et les officiels, accompagnés par une délégation de l’armée américaine, de représentants du 152e RI et du RMT, se sont ensuite rendus au pont dit « des Américains ». C’est par ce passage que les fantassins sont entrés dans Thannenkirch en 1944. Une stèle y a été érigée pour marquer le 75e anniversaire de l’arrivée des libérateurs, en conserver la mémoire et leur rendre hommage.


Reconnaissance éternelle

Dans son allocution inaugurale, le maire a rappelé l’histoire de la 36e division US et a terminé par : « La population de Thannenkirch vous manifeste ce jour son indéfectible attachement et son éternelle reconnaissance, en symbolisant ceci par le monument que nous inaugurons ». La plaque commémorative a ensuite été dévoilée au son des hymnes joués par les musiciens de l’harmonie de Saint-Hippolyte.

Une seconde plaque, apposée sur la maison natale du sous-lieutenant Armand Schiber, enfant du village et héros de la résistance décédé à Buchenwald, a également été dévoilée en présence de son fils, Jean-Marie Schiber, maire de Frotey-lès-Vesoul.


Article publié dans les DNA le 5 décembre 2019.


Décembre 2019

Les sénateurs se penchent à nouveau sur la radicalisation

Les sénateurs ont lancé, mardi 3 décembre, leur cycle d’auditions dans le cadre de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre. Plus précisément, l’objectif est de déterminer les causes du phénomène et la responsabilité des pouvoirs publics, à tous les échelons, pour le prévenir et l’endiguer.


Radicalisation

Quelques jours après l’attaque de la préfecture de police de Paris le 3 octobre, le sénateur Bruno Retailleau, à la tête du groupe LR, avait annoncé son intention de réclamer l’ouverture d’une commission d’enquête sur le radicalisme islamisme. Dans leurs motifs, les sénateurs du groupe mettaient en avant « le caractère toujours très actuel de la menace terroriste islamiste » et insistaient sur la nécessité d’en revenir à la cause. Ils soulignaient aussi le défi posé par cette idéologie qui « cherche à étendre son influence en se propageant à des champs de plus en plus nombreux de la vie en société », avec « la multiplication des revendications communautaires et des manifestations d’affirmation identitaire ». La sénatrice Jacqueline Eustache (LR) a été nommée rapporteure.

Mardi 3 décembre, les travaux ont commencé avec les auditions de Youssef Chibeb, professeur associé à l’université Paris 13, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, et Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Des acteurs locaux, dans les communes, les écoles, les associations et les fédérations sportives, ainsi que d’autres spécialistes et chercheurs devraient être interrogés sur le sujet pour établir un diagnostic sur la responsabilité des pouvoirs publics, à tous les échelons, pour prévenir et endiguer le phénomène, et déterminer les moyens d’agir.

De nombreux travaux déjà effectués sur le sujet
Ces dernières années, le parlement a déjà consacré plusieurs travaux à des sujets proches. Au Sénat, on note un rapport sur les filières djihadistes en France et en Europe rendu par le sénateur Jean-Pierre Sueur (Socialiste et républicain) en avril 2015, un rapport sur les collectivités territoriales et la prévention de la radicalisation présenté par les sénateurs Jean-Marie Bockel (UDI) et Luc Carvounas (Socialiste et apparenté) en avril 2017, ou encore un rapport des sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (Les Républicains) sur la « déradicalisation » en juillet 2017. A noter aussi le travail de Nathalie Goulet (Union centriste), présenté en juillet 2016, intitulé « de l’Islam en France à un Islam de France ».

Du côté de l’Assemblée nationale, les députés Eric Diard (LR) et Eric Poulliat (LREM) ont remis en juin dernier un rapport sur la radicalisation dans les services publics.

À lire aussi

Prévention de la radicalisation : le rapport Bockel-Carvounas veut mieux impliquer les maires
Radicalisation et services publics : la vigilance est de mise
Tous arrivent peu ou prou aux mêmes conclusions : il faut améliorer la prévention et la formation des élus locaux et des agents à la détection. Alors que peut apporter un nouveau travail sur le sujet ?

Priorité à la prévention
Pour le sénateur Jean-Marie Bockel, membre de la commission d’enquête et président de la délégation aux collectivités territoriales, interviewé par la Gazette lundi 25 novembre, la question la plus intéressante et la plus importante est justement celle de la prévention. « L’essentiel de notre travail doit porter là-dessus car une fois que le processus de radicalisation est engagé, on sait qu’il sera difficile et aléatoire de revenir en arrière. Je pense donc qu’il faut prendre en compte tous les travaux déjà effectués sur le sujet et réactualiser le diagnostic. Il faut avoir le regard le plus lucide possible, ni dans le déni, ni dans l’exagération. »

A ce sujet, le sénateur rappelle que les conclusions de son rapport présenté en avril 2017 sont toujours d’actualité : l’implication des maires est primordiale. « Les maires sont à la fois plus à même de repérer les effets de ce phénomène, et de contribuer aux réponses des responsables publics dans leur ensemble. Mais ils sont aussi les mieux placés pour voir combien on est aujourd’hui loin du compte entre ce qu’ils voient et les réponses à apporter qui ne dépendent pas d’eux seuls. Ils se sentent démunis par rapport à quelque chose qu’ils perçoivent. »

Pour lui, il faudrait renforcer les actions au niveau local. « Du point de vue des territoires, le partenariat me parait essentiel. Sur ces questions, si l’on attend tout de l’Etat régalien (gouvernement, préfet, justice, police) il y aura toujours des trous dans la raquette. Si, par contre, on met en œuvre le maillage territorial et l’action des élus locaux, cela devient plus intéressant », poursuit Jean-Marie Bockel. Évoquant la réussite des contrats locaux de sécurité, le sénateur estime qu’il faut aller plus loin en y intégrant la notion de prévention de la radicalisation. Des questions qui seront d’ailleurs sans doute abordées au sein de la délégation aux collectivités territoriales qui a engagé un travail sur l’ancrage territorial des forces de sécurité intérieures.

Enfin, il convient aussi selon Jean-Marie Bockel de bien définir les objectifs de cette commission d’enquête : « il ne faut pas simplement prévenir les actions violentes mais aussi les effets pervers et préjudiciables d’un islamisme radical, même pacifiste, qui souhaite transformer la société en menaçant la laïcité et le vivre ensemble. » Sur ce point, rappelons que le ministre de l’Intérieur a appelé les préfets à la mobilisation. Par une circulaire signée le 28 novembre dernier, Christophe Castaner les enjoint à placer la lutte contre l’islamisme et le communautarisme au cœur de leur mission.

Article publié dans le journal La Gazette des Communes, le 4 décembre 2019.


Décembre 2019

Rouffach | Social Mahle-Behr : les syndicats reçus au ministère mardi Depuis l’annonce, le 23 octobre dernier, de la suppression de 236 des 65 emplois que compte le site rouffachois, les négociations se poursuivent chez Mahle-Behr.

Une rencontre est programmée le mardi 3 décembre à Bercy entre une délégation syndicale, accompagné par Hubert Ott (conseiller municipal d’opposition rouffachois et candidat aux municipales), et Marc Glita, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises. Il s’agira « d’exposer la situation du site, d’apporter toutes les aides concrètes notamment en termes de reclassement mais aussi pour la pérennisation du site à long terme », indique Denis Pieczynski, élu UNSA au CSE.

Rappelons que la négociation du PSE est prévue jusqu’au 4 février 2020 avec un échelonnement des départs à la fin du 1er trimestre 2020 jusqu’à juin 2021. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu. Par ailleurs, les syndicats ont déjà rencontré les élus locaux, notamment Hubert Ott, qui a organisé une rencontre avec la sénatrice Patricia Schillinger. Puis Jean-Pierre Toucas, maire de Rouffach, a organisé une rencontre avec Catherine Troendlé, sénatrice et vice-présidente du Sénat, Jacques Cattin et Eric Straumann, députés, Anne Sander, députée européenne, Lucien Muller, conseiller départemental, Sophie Jambon, de la cellule économique de la Région Grand Est, et Éric Thoumelin de l’Adira. « Nous espérons que les prochaines échéances électorales ne vont pas perturber les actions des uns et des autres au détriment des salariés », glisse Denis Pieczynski, qui regrette que la motion de soutien, proposée au conseil municipal mardi soir par Hubert Ott, n’ait pas été adoptée.

Article publié dans les DNA le 1er décembre 2019.